It Takes a Pro : MJ Déziel, l'expression de soi, créer un espace et ne jamais cesser d'apprendre
It Takes a Pro suit des coiffeuses et des coiffeurs de partout au Canada, à chaque étape de leur parcours. Parce que cette industrie, c'est bien plus que de beaux cheveux. C'est la passion, le dévouement et les moments qui façonnent la personne que vous devenez derrière la chaise.
Chez SalonCentric Canada, nous sommes là pour soutenir ce parcours. Avec l'éducation, la communauté et les ressources dont vous avez besoin pour continuer d'avancer. Cette campagne met de l'avant de vraies histoires. Celles qui se cachent derrière le métier.
Des premières étincelles d'inspiration aux tournants qui changent tout, chaque artiste représente un jalon. Un rappel que la croissance n'est pas un moment unique. Elle est continue. Toujours en évolution.
Parce qu'il faut plus que du talent pour réussir dans cette industrie.
It Takes a Pro.

Rencontrez MJ Déziel
Fondatrice et directrice créative, studio APART, Montréal
MJ Déziel n'a pas grandi en planifiant une carrière en coiffure. Sa mère a travaillé chez L'Oréal, et MJ passait du temps au bureau, à 15 ou 16 ans, fascinée par les gens plus que par les produits. Puis, un été, une amie lui a demandé d'être modèle à une convention de coiffure. Elle a dit oui sans réfléchir.
« It was my first introduction to the hair world. »
Les grandes scènes, le son, les micros. Elle s'est dit qu'elle ne serait pas une rock star, alors elle ferait de la coiffure et elle monterait sur cette scène-là.
Jusque-là, se faire coiffer était une corvée comme une autre. Un an plus tard, elle s'inscrit en coiffure, et c'est la première classe où elle se sent à sa place. De bonnes relations avec ses professeurs, de bonnes notes pour la première fois, et une façon d'apprendre qui lui convient : un peu de théorie, beaucoup de pratique avec de vraies clientes.
« J'ai une grande personnalité, je pouvais parler au monde, puis j'étais payée pour jouer dans les cheveux. »
Elle a aussi étudié le design graphique un temps. Elle précise qu'elle n'est pas designer, mais que ça a aiguisé son œil et l'a menée là où la coiffure rencontre la mode.
Elle gradue à 19 ans, commence derrière la chaise et commence à dire oui : des projets à l'international, des portes auxquelles cogner, des budgets à demander pour les campagnes auxquelles elle croit. Le studio est venu plus tard, du même instinct que celui qui l'a menée sur cette première scène.
Chez MJ, l'espace est venu avant le plan d'affaires. APART est né pour répondre à un besoin qu'elle ne trouvait nulle part ailleurs dans une industrie souvent très traditionnelle : un endroit où le cheveu devient un langage d'expression de soi, autant pour son équipe que pour la personne assise dans la chaise.
« S'il n'y a pas d'espace pour moi, je vais le créer. C'est vraiment comme ça que ma tête fonctionne depuis que je suis toute jeune. »
Elle tient à faire la nuance sur ce que veut dire l'expression de soi. Ce n'est pas un look, et ce n'est surtout pas une exigence.
« Tu n'es pas obligé d'avoir les cheveux verts ou une tête comme la mienne pour t'exprimer. »
Chez APART, personne n'arrive parce qu'il a besoin d'une coupe. Les gens arrivent parce qu'ils en ont envie. La clientèle fait ses recherches, choisit sa ou son styliste autant pour son univers que pour ses compétences techniques, et se présente avec un projet en tête. Le rendez-vous part gagnant avant même de commencer.
« Tu viens ici, puis on collabore sur des looks avec toi pour t'amener à la prochaine version de toi-même. »
Ça change aussi sa façon d'embaucher. MJ recrute pour ce qui, selon elle, ne s'apprend pas : la curiosité, la générosité, l'écoute, la drive, le goût, la sensibilité à l'esthétisme. La technique, elle s'en occupe, avec un programme d'apprentissage en milieu de travail et deux mentors qui prennent les jeunes stylistes par la main. Une industrie créative, précise-t-elle, ce n'est pas un free-for-all. Il y a de la rigueur et des standards, et à l'intérieur de ça, beaucoup de liberté.
« Je ne veux pas t'enseigner une technique, je ne veux pas t'enseigner un look. Il faut que tu comprennes le pourquoi du comment. »

Sa drive fonctionne de la même façon. Quand MJ a une idée en tête, il faut que ça se passe. Alors elle décompose l'ambition, un barreau à la fois, jusqu'à ce que la dernière étape soit assez petite pour être faite tout de suite. Une carrière internationale, ça passe par du national. Le national, par du régional. Le régional, par assister quelqu'un. Assister quelqu'un, par connaître un coiffeur qui le fait. Et ça, c'est un appel téléphonique.
« Moi, dans ma tête, tout est possible. Je vais trouver une façon d'y arriver. Tout d'un coup, ça devient possible, parce que c'est un coup de téléphone. »
Elle est la première à dire que les idées ont besoin d'être ancrées, et donne le crédit à sa partenaire d'affaires, celle qui lui dit ce qui est viable et ce qui reste sur la tablette.
Ce dont elle est la plus fière, ce n'est pas la croissance. C'est l'espace lui-même, une équipe qui travaille dans un environnement qu'elle apprécie, et les relations qui se créent dans la place, avec des photographes, des modèles, des collaborateurs.
« I've always had it in my mind to create space rather than build business. It's human first. »
C'est aussi comme ça qu'elle décrit son distributeur. MJ travaille avec les mêmes personnes depuis qu'elle a 19 ans, depuis l'année où elle a gradué, à travers toutes les étapes qui ont mené à l'ouverture du studio. Ils ont fait entrer des marques qu'elle aime, lui ont confié le lancement d'EVO au Québec et ont appuyé les projets qu'elle voulait porter, dont sa charte de prix non genrés. Ils sont restés à travers une pandémie et un changement de modèle d'affaires.
« On a grandi ensemble. Ils m'ont suivie tout au long de ma carrière. C'est important, en tant que propriétaire de salon, de savoir que ton distributeur est là et qu'il ne te lâchera pas. »
Une partie de ce soutien n'a rien à voir avec une commande. Parfois, elle appelle simplement pour jaser d'une idée de marketing. C'est ça, dit-elle, qui lui a donné confiance dans son rôle de propriétaire, et pas seulement derrière la chaise.
Quand MJ a annoncé à son grand-père qu'elle s'en allait en coiffure, il lui a donné une seule consigne : sois la meilleure. Elle la porte encore, et la transmet dans ses mots.
« Peu importe comment tu look, peu importe comment tu fais les choses, arrange-toi pour que ton élément différenciateur, ce soit ton assiette. Find your people and do great hair, that's your job. »
Q&R avec MJ
Comment es-tu arrivée en coiffure ?
Pas par plan. Ma mère travaillait chez L'Oréal, donc j'étais déjà dans ce monde-là ado sans vraiment m'en rendre compte. Puis une amie m'a demandé d'être modèle à une convention de coiffure, j'ai vu les scènes, les lumières, le show au complet, et j'ai su que c'était ça que je voulais. Je me suis inscrite en coiffure un an plus tard.
Qui t'a aidée à te rendre là ?
Mes professeurs, d'abord. C'est la première école où j'ai eu de bonnes notes et de vraies relations avec les gens qui m'enseignaient. Ensuite mes reps, qui sont là depuis que j'ai gradué à 19 ans. Mes mentors, que je vais encore voir en formation. Et mon grand-père, qui m'a dit d'être la meilleure dans ce que je choisirais.
Qu'est-ce que l'ouverture d'APART a représenté pour toi ?
C'était ma façon de créer l'espace dont j'avais besoin. Je ne fittais pas nécessairement dans le mood de l'industrie telle qu'on la connaît, alors j'ai bâti un endroit où mes stylistes, ma clientèle et moi allions nous sentir bien, et où le cheveu pouvait être poussé vers quelque chose de plus artistique.
Qu'est-ce que tu recherches quand tu embauches ?
Les soft skills. La curiosité, la générosité, l'écoute, la drive, le goût. Ça, ça ne s'apprend pas vraiment. La technique, on s'en occupe, on a des cours ici et deux mentors qui développent nos jeunes. Je ne cherche pas un type de personne ni un style. Je cherche une sensibilité.
Quel rôle joue l'éducation dans ton studio ?
C'est central. Je suis une éternelle étudiante, je voyage pour aller chercher de la formation et voir comment ça se fait ailleurs, puis je ramène ça ici. Quand j'enseigne, je n'enseigne pas un look, j'enseigne le pourquoi, pour qu'à un moment donné mon équipe soit capable de me challenger. C'est là que je sais que ça a marché.
Que dirais-tu à un jeune diplômé qui a l'impression de ne pas correspondre à l'image traditionnelle du styliste ?
Il y a de la place pour tout le monde. Il y a des salons pour tout le monde et de la clientèle pour tout le monde. Reste toi-même, puis arrange-toi pour être bon dans ce que tu fais. Mon grand-père m'a dit d'être la meilleure quand je lui ai annoncé que je m'en allais en coiffure, et c'est resté. Find your people and do great hair, that's your job.
Comment ton distributeur a-t-il soutenu ton parcours de propriétaire de salon ?
Ils sont là depuis que j'ai 19 ans, depuis que j'ai gradué. Ils m'ont suivie à chaque étape jusqu'à l'ouverture du studio. Ils ont fait entrer des produits que j'aime, ils m'ont demandé de prendre le mandat d'EVO au Québec, ils ont embarqué dans les projets que je voulais faire. Des fois, j'appelle juste pour jammer sur une idée. Cette relation-là m'a donné confiance dans mon rôle de propriétaire.
Que signifie « It Takes a Pro » pour toi ?
I'm such a student at heart. Un pro, c'est quelqu'un qui n'arrête jamais d'apprendre, qui continue de tomber en amour avec son métier et qui veut toujours le perfectionner.